|
xamle.net
|
Décédé lundi dernier à Paris, le réalisateur, cinéaste et producteur
sénégalais Mahama Johnson Traoré repose depuis hier au cimetière
musulman de Yoff. Il y avait une foule nombreuse à la grande mosquée de
Mermoz où s’est déroulée la prière mortuaire en présence de la crème du
cinéma africain, des personnalités politiques et religieuses qui ont
tenu à lui rendre un ultime hommage. |
C’est vers 15 heures 55 minutes que le cortège funèbre s’ébranle vers
le cimetière musulman de Yoff où a été inhumé hier Mahama Johnson
Traoré, cinéaste-réalisateur sénégalais. Quelques minutes auparavant,
une foule assez nombreuse avait occupé le devant de la grande mosquée
de Mermoz où s’est déroulée la prière mortuaire. La levée du corps a
été un moment de recueillement et de consternation pour les nombreux
artistes cinéastes venus des quatre coins du continent africain. Il y
avait des cinéastes algériens, ivoiriens, maliens, guinéens...
Aussi, toute la classe culturelle sénégalaise y était, des cinéastes
comme Ngaïdo Ba, Ben Diogaye Bèye et tant d’autres, en plus des
personnalités politiques et religieuses qui ont tenu à rendre un
dernier hommage à ce membre fondateur du Festival panafricain du cinéma
de Ouagadougou (Fespaco). Certains hommes de média, notamment Mamadou
Ball et Ibrahima Souleymane Ndiaye ont aussi pris part à la levée du
corps du cinéaste.
Dans le hall de la mosquée de Mermoz, parents
et amis éplorés se réconfortent mutuellement, en attendant la sortie de
la dépouille mortelle qui était au niveau de la morgue. L’attente a été
longue et on se laisse parfois aller à des discussions à voix basse.
Ainsi à l’appel de l’imam une atmosphère de recueillement et de
consternation s’impose, quand l’émotion gagnait les cœurs. Les filles
et fils du défunt ne quittent pas des yeux le cercueil en bois où se
trouve leur défunt père, en attendant de regagner sa dernière demeure.
Venu représenter le chef de l’Etat Me Abdoulaye Wade et son
gouvernement, le ministre de la Culture, Mamadou Bousso Lèye, a
prononcé son discours de témoignage.
Conformément à la volonté du
défunt, la cérémonie s’est déroulée en toute simplicité, comme l’a
rappelé un de ses amis cinéastes. «Si le cinéma africain est là
aujourd’hui, c’est grâce à Mahama Johnson Traoré. Beaucoup de cinéastes
sénégalais, y compris moi même lui doivent leur formation», témoigne
le cinéaste Ngaïdo Bâ, à l’endroit de celui «qui a toujours voulu
plébisciter la femme africaine à travers ses œuvres».
Né en 1942,
Mahama Johnson Traoré a fait ses études au conservatoire libre du
cinéma français. Juste avant son décès, il travaillait à la réalisation
de son projet de long métrage Nder ou la flamme de l’honneur. En guise
d’hommage, des cinéastes sénégalais et africains en général ont fait
savoir qu’ils vont poursuivre la réalisation de «ce projet que le
cinéaste Mahama Johnson Traoré aimait tant.»
Source: LE QUOTIDIEN
|